Compte rendu de l’entretien de la section syndicale de Hambourg avec Monsieur Petit, député des français à l’étranger, le 23/01/2018

Monsieur Frédéric Petit (Modem) est rapporteur à l'Assemblée Nationale du budget de l'AEFE et des bourses.

Sur le fond,le SNES a de quoi être très inquiet sur ses prises de position qui sont, pour résumer :

- sa vision de l'AEFE :

l'AEFE a décidé unilatéralement un plan de réduction du budget de 60-80 millions d'euros avec la suppression planifiée de centaines de postes de détachés : cela ne s'imposait pas aux yeux de F. Petit. Les suppressions de postes ont été faites en dépit du bon sens et sans concertation avec lui-même, rapporteur du budget à l'AN. Dans l'état actuel des choses "l'AEFE va droit dans le mur". Il semble y avoir un divorce entre la direction de l'AEFE et la majorité parlementaire à l'AN.

 

M. Petit dit qu'il aura manqué son mandat s'il n'y a pas d'extension du réseau sous sa mandature dans sa circonscription. (ndr : Mais comment faire avec un budget réduit et des suppressions de poste ?)

En s'appuyant sur les exemples de l'Amérique du nord, de la Russie, du Kazakhstan voire de la Pologne, il affirme que la priorité du réseau n'était pas la scolarisation des élèves français de parents expatriés, mais la présence française au sens géopolitique, comme la Chine l'assure aujourd'hui avec les centres Confucius de par le monde.Ndr: cela contredit totalement la mission première de lAgence!

Des établissements français du réseau sans élèves français peuvent très bien fonctionner (c'est même presque souhaitable en fonction de l'offre et de la demande) : il faut donc repenser le déploiement du réseau selon ces impératifs géopolitiques... Aux personnels d'accepter ces nouvelles conditions ou d'aller voir ailleurs...

Enfin, l'AEFE coûte cher au contribuable (un demi-milliard si l'on inclut les bourses) : cet effort national est unique au monde et ne doit jamais être oublié ... (Ndr: le coût par élève à l'AEFE est inférieur à celui d'un élève en France.)

- sur le projet du futur LFA:

Pour le député, ce type d’établissement est d'un "intérêt supérieur". Il faudrait multiplier ce type d'établissements qui incarnent l'excellence et l'interculturalité dans ce qu'elle a de meilleure. Enfin, le LFA est la concrétisation de l'amitié franco-allemande.

Une fois cela dit, quasiment aucune réponse aux questions qui préoccupent les personnels : l'accompagnement par la France du projet, la filière baccalauréat, la question de la reprise des personnels; la problématique de l'éloignement, la question des élèves en difficultés et des horaires impartis par le Land de Hambourg pour chaque matière (sur des crénaux ad minima), la question du CM2 et du devenir de l'école élémentaire française sur le site actuel de Hartsprung, l’investissement intense demandé aux collègues (à la croisée des chemins entre assurer le fonctionnement actuel du LFH et s'adapter aux réformes en cours voulues par le MEN et travailler sur le projet du futur LFA), etc ...

M. Petit nous dit que nous sommes "impatients" (sic). Laissons faire la réflexion au sommet... Nos préoccupations ne sont rien à côté du grandiose projet sur lequel nous avons tous la chance de travailler. Que ce soit pour les personnels comme pour les parents/élèves, notre député s'avère être un adepte de la sélection naturelle : la filière franco-française n'est pas une nécessité ; les collègues pourront ou ne pourront pas rester. Au final, n'attendons pas de lui un quelconque soutien pour des mesures d'accompagnement.

Le proviseur allemand du LFA va bientôt prendre contact avec nous et travailler avec M. Panarioux. Il devrait être notre interlocuteur privilégié.

Sur la forme : Monsieur le député s'est montré incapable d'être à notre écoute, partant sur des à-priori, comme, "vous êtes pour une filière franco-française donc vous êtes contre un futur LFA" : il a fallu lui couper la parole pour lui rappeler que nous (les représentants des personnels enseignants du primaire et du secondaire) étions presque tous investis dans les groupes de travail et que le SNES n'avait jamais pris position sur le sujet ; faisant des remarques blessantes sur la question du CM2, 3 ans avant l'ouverture du futur Lycée ( "cela relève de la "question de la couleur du papier peint") ; se montrant enfin arrogant , le SNES souhaitant plus de transparence dans la transmission de CR du groupe de pilotage du futur LFA, la réponse a été que cela relève de l'anecdotique. Tout va bien pour notre député, le projet est lancé, la fronde a disparu ...

Pour terminer, M. Petit est un homme politique autoritaire, monopolisant la parole, déformant les propos, dogmatique... Il ne nous sera que d'un faible soutien sur place. Le SNES s’inquiète de sa vision du réseau et même de ses visions tout court.

Pour le SNES Hambourg, le secrétaire

 Stéphane Richeux