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Compte rendu de la visite du Snes HdF et du Snes Allemagne à Hambourg le 1er octobre 2018

Le 1er octobre 2018, Annie Delporte, membre du Snes Hors de France, et le coordonnateur du Snes Allemagne (Sébastien Illiano) se sont rendus au lycée Francais Saint Exupéry de Hambourg.

Une Heure Mensuelle d'Information Syndicale (HMIS) a été déposée pour l'occasion par le secrétaire de section Stéphane Richeux.

Une quinzaine de collègues étaient présents à cette HMIS au cours de laquelle Annie Delporte a commencé par faire un exposé de la situation politique en France, marquée par l'austérité budgétaire. Pour les enseignants, cette austérité se traduit par le gel du point d'indice, la réinstauration de la journée de carence. La réforme des retraites de la fonction publique ne promet pas d'améliorations pour les fonctionnaires du MEN et 2600 postes devraient être supprimés dans le second degré associés à la possibilité d'imposer deux heures supplémentaires par semaine aux enseignants.

Enfin, la mission cap 22 qui rendra prochainement son rapport semble préconiser „ l'assouplissement du statut de fonctionnaire „, plus de „ mobilité “, l'intégration des CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) dans les CT (Comités Techniques) – ce qui réduirait dans les faits leur pouvoir d'intervention - et la fin des commissions paritaires telles qu'elles existent maintenant : les commissions ne se réuniraient que si les enseignants contestent une décision les concernant, tout le travail de vérification et contrôle opéré par les commissaires paritaires actuellement n'aurait plus lieu, au détriment des nombreux collègues qui voient leurs droits défendus dans ce contexte.

Une pétition en ligne pour défendre le paritarisme peut être signée sur le site du Snes HdF au lien suivant : http://www.hdf.snes.edu/spip.php?article686

Il est donc vital que les collègues votent aux prochaines élections professionnelles, y compris aux élections du MEN pour lesquelles le vote se fait en ligne, pour montrer leur attachement au paritarisme.

 

Un appel à la grève de la fonction publique le 9 octobre a été lancé au niveau intersyndical.

Concernant l'AEFE, le projet de loi de finances n'est pas encore connu. En l'état, ce sont toujours 66 postes d'expatriés et 100 postes de résidents qui devraient être supprimés par an (2019 et 2020). Ces suppressions étant déjà actées sans préjuger du budget 2019.

Il s'agit aussi de protester contre la note de service du MEN (Ministère de l'Éducation Nationale) qui limite les futurs détachements à 2 détachements consécutifs de 3 ans. Les enseignants souhaitent en France la mobilité mais une mobilité fonctionnelle, interacadémique et pas nécessairement vers l'étranger, surtout si elle est accompagnée d'un billet de retour automatique !

Cette note de service risque d'induire une absence de mobilité de la part des personnes en poste, élimine pour les TNR toute possibilité de poursuite de carrière pérenne dans la fonction publique à l'étranger, fait reposer la continuité de l'équipe éducative sur les PDL (Personnels de Droit Local), ce qui ne peut que poser problème dans les pays où le droit social est peu développé, engendrer des problèmes de recrutement. Pourtant en l'état, c'est déjà la moitié des postes de résidents sur lesquels ont lieu de nouveaux recrutements, chiffre qui indique que la mobilité choisie dans le réseau AEFE est largement suffisante.

Une mission du MAE (Ministère des Affaires Étrangères) et du MEN devrait remettre un rapport en novembre. D'après les différentes interventions du chef de l’État et de personnes autorisées, il apparaît que l'extension du réseau ne devrait se faire essentiellement via des établissements partenaires ou sous label. Si l'AEFE, en tant que structure pourrait continuer à exister, l'interrogation persiste de savoir sous quelle forme.

Il est important de défendre l'AEFE en tant qu'établissement public garant d'un enseignement à l'étranger permettant une continuité de la scolarité d'un pays à l'autre, ce que les établissements partenaires dont l'homologation peut parfois relever de motifs purement politiques ne garantit pas forcément,

Le changement de statut du lycée francais de Hambourg qui va devenir un LFA (Lycée franco-allemand) suscite beaucoup d'anxiété chez nos collègues. Un engagement a été pris au sein de plusieurs instances de l'AEFE de maintenir les postes de détachés existants (16 au niveau du secondaire) et d'obtenir de la Schulbehörde de Hambourg le réemploi de tous les PDL.

Se pose cependant la question des ces conditions de réemploi, en particulier pour les PDL non titulaires de l'Education nationale. Par ailleurs, l'avenir des emplois dans l'école primaire, qui restera dans les locaux actuels et administrée par le comité de gestion, est plus incertain.

Les arguments pour maintenir ou développer le nombre d'élèves de l'école primaire peuvent être le fait que les élèves qui y seront scolarisés jusqu'au CM2 seront automatiquement inscrits dans le futur LFA.

Ce projet de transformation entraîne une participation lourde des collègues via 3 groupes de pilotage centrés sur la pédagogie, les personnels et les bâtiments.

Selon les cas, il convient de défendre et/ou d'étendre les rémunérations sous formes d'HSE (Heure Supplémentaires Exceptionnelles) – qui sont déjà mises en place ou IMP (Indemnités pour Missions Particulières) .

Deux journées banalisées pour tous les personnels sont prévues avec des représentants de la Schulbehörde. Il est possible d'envisager des missions syndicales vers les deux autres LFA d'Allemagne (Fribourg par exemple).

L'après midi a eu lieu un entretien avec le proviseur du lycée, le directeur de l'école primaire, le représentant du Snes local, les représentants du Snes Hors de France, du Snes Allemagne et du SNUipp (local et Hors de France).

Ont été évoquées les nombreuses incertitudes sur l'avenir de l'établissement, de l'AEFE, des statuts,

face à des politiques qui semblent avoir beaucoup d'idées préconcues sur la manière dont devrait fonctionner le réseau.

S'ajoutent à ces incertitudes la question de la transformation du lycée en LFA.

Au niveau du primaire, les TNR forment la quasi totalité des PDL (9 sur 11) et n'ont plus d'espoir de voir leur situation se régulariser de manière pérenne.

Au niveau du secondaire ont été évoquées de nouveau les incertitudes concernant le devenir exact des PDL réemployés par la Schulbehörde. Cette dernière s'est cependant engagée le 30 mai dernier à rémployer tous les PDL.

Le projet est quoi qu'il en soit définitivement lancé avec un investissement immobilier de 60 millions € pris en charge par le Land Hambourg pour un bâtiment situé à Altona.

Un proviseur pour la partie allemande a été nommé par anticipation, disponible à 40 % de son temps de travail et à temps plein à compter de 2020.

L'attribution d'IMP ou d'HSE pour la prise en charge des heures réalisées pour coordonner le passage LF LFA continuera d'être de rigueur.

La première 5. Klasse du LFA devra ouvrir en 2020. Elle existera en parallèle avec un CM2 de l'école primaire francaise, situation déjà existante à Sarrebruck.

L'école primaire continuera d'être administrée par le comité de gestion et la question de savoir s'il y aura un chef d'établissement commun ou non aux deux écoles n'est pas tranchée. Le projet nécessite en tout cas de trouver des solutions originales en raison des spécificités locales.