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Compte rendu de visite syndicale à Francfort sur le Main le 19 11 2018

 

Le 19 novembre 2018 le coordonnateur du Snes Allemagne (Sébastien Illiano) s'est rendu au lycée Francais de Francfort..

Une Heure Mensuelle d'Information Syndicale a été déposée pour l'occasion par le secrétaire de section Eve Folke (Snes-FSU). L'heure étant fixée de 13 heures à 14 heures et une demi journée banalisée sur le projet d'établissement ayant été déplacée dernièrement sur ce jour avec des groupes de travail de 8 heures à 13 heures et une reprise des cours à 14 heures, la présence des enseignants n'a pas été aussi massive que souhaitée.

A la demande des collègues a d'abord été évoquée la question de l'avenir de l'AEFE.

L'AEFE en tant que structure devrait continuer d'exister, elle garantit un contrôle de la qualité des enseignements et des statuts des personnels. En effet les EGD (Établissements à Gestion Directe) ne sont qu'une petite minorité au sein du réseau, dont beaucoup sont concentrés de surcroit dans quelques pays (Allemagne Espagne Maroc), mais ils devraient servir de modèle en tant qu'établissements garants d'un service public d'éducation à l'étranger. De ce point de vue, le SNES défend l'idée de conserver les trois statuts – expatriés, résidents, PDL, plutôt que de s'acheminer en Europe en particulier vers un statut unique qui aurait certainement l'objectif d'atteindre le moins-disant social.

Le doublement des effectifs du réseau ne se fera en tout cas que par le biais d'établissements partenaires. Or ces établissementds partenaires sont loin de permettre une scolarité suivie pour des élèves francophones venant d'un autre pays.

La dotation de l'État pour l'AEFE depuis 2005 est structurellement insuffisante : elle ne permet pas de financer les projets immobiliers et la part patronale des pensions civiles des détachés, l'AEFE étant le seul établissement public à avoir la charge des pensions de ses détachés.

La ponction de 33 millions d'euros en 2013 s'est soldée par des suppressions de postes, une centaine par an a priori, mais d'après le projet de loi de finance pour 2019, 235 postes devraient être supprimés, sans être compensés par des emplois de recrutés locaux, compte tenu de plafonds d'emploi qui demeurent inchangés.

Il semble difficile de fermer l'intégralité de ces postes en se reposant seulement sur les départs en retraite et les réintégrations … Les réductions horaires potentielles relatives à la réforme du baccalauréat en cours risquent d'être l'occasion de mesures de carte scolaire et de suppressions de postes.

S'ajoute pour l'Europe (et le Maghreb) en particulier les problèmes de redéploiement de postes vers l'Asie. Ceci semble la principale motivation pour imposer la mobilité aux résidents, car le nombre ridiculement bas de postes de détachés dans le réseau AEFE relativement aux nombres d'enseignants titulaires en France (de l'ordre de 5000 pour 800 000) ne peut sérieusement pas être pris en considération pour présenter la profession enseignante comme une profession potentiellement mobile. Du reste, avec une mobilité forcée tous les 6 ans, ce serait seulement environ 800 détachés qui seraient contraints de réintégrer chaque année, encore moins en fait si l'on tient compte des suppressions de postes en cours …

Les collègues de mathématiques présents se sont par ailleurs inquiétés des programmes de mathématiques de l'enseignement de spécialité de première, tels qu'ils sont connus actuellement : trop ambitieux, ils ne permettraient pas à des élèves de niveau moyen de suivre ce qui sera finalement l'unique cours de mathématiques en première. Ces élèves de niveau moyen se retrouveraient donc en terminale sans avoir de cours de mathématiques, ce qui pourrait considérablement réduire leurs opportunités de poursuite d'études

 

Un rendez-vous avec M. le Proviseur était fixé à 14 heures auquel a participé également Eve Folke, représentante locale du Snes.

A été d'abord évoqué un recrutement en allemand qui n'est pas passé par la commissions paritaire locale : la raison en est qu'il s'agit d'un poste de remplacement, le congés de maladie du collègue remplacé étant reconduit de semaine en semaine. Les représentants des personnels ont rappelé la règle générale d'informer au moins les membres de la commission paritaire (même s'il n'y a qu'une candidature) en envoyant par mail le dossier du candidat, les commissaires répondant toujours rapidement en cas d'urgence de recrutement.

La remise de listes des spécialités délivrées au lycée de Francfort devrait être possible pour le 30 novembre selon les souhaits de l'AEFE car il subsiste peu d'interrogations : principalement, c'est l'enseignement d'informatique qui pose question : si les programme de seconde est un pré-requis, ce que l'on peut supposer puisque cet enseignement devrait être suivi par tous les élèves, ne vaudrait-il pas mieux repousser la création du cours de première à 2020.

La date butoi du 30 novembre n'est en tout cas probablement qu'un premier positionnement susceptible de modifications, (car il ne s'agit pas encore de fournir le dossier porté au MEN pour agrément de l'ouverture des spécialités et options.

La question se pose aussi d'un seuil en termes de nombre d'élèves par spécialité. Le proviseur pense qu'à partir de 4 choix exprimés par les élèves dont 3 seront retenus, il devrait être possible d'arriver à un nombre d'élèves par spécialité assez homogène. Dans certains cas, des établissements de petite taille seront certainement amenés à avoir recours au CNED avec une heure d'accompagnement par semaine avec un enseignant par exemple, mais il est peu probable que ce doive être le cas à Francfort.

En tout cas le proviseur fait en sorte que la réforme n'entraîne pas de suppressions de postes.

Selon lui d'ailleurs, la note de service du MEN imposant la mobilité aux résidents peut poser des difficultés de recrutement. Que la rotation aie des vertus en termes d'efficacité des personnels est discutable, il conviendrait en tout cas de s'interroger sur la durée des contrats, deux fois 3 années semblant bien cours.

Le climat social passé dans l'établissement a été évoqué. La dégradation des relations humaines et entre niveaux hiérarchiques des années passées refait encore périodiquement surface, le proviseur, conscient de la situation, tient à jouer son rôle de médiateur.

Il pourrait être fait usage du CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) à ce propos, une psychologue et une psychiatre sont maintenant liées par convention à l'établissement, ce qui leur donne la possibilité d'accompagner des élèves ou groupes de collègues.

Un projet immobilier est en cours pour les 3 ou 4 prochaines années. Il s'agit d'abord d'identifier les besoins après l'achat d'un terrain, sachant que la mairie de Francfort n'a délivré qu'un permis pour améliorer l'existant sans envisager des travaux qui pourraient permettre d'augmenter les effectifs du lycée. Des espaces de stockage, une extension de la cour, de certains bureaux, une salle d'éducation musicale, une salle d'arts plastiques pourraient voir le jour sur les 400 mètres carrés constructibles et l'espace restant du terrain.

Le lycée de Francfort a 70 ans dont 20 ans sur le site actuel en 2020, a le statut d'Ersatzschule du CP à la troisième mais il se heurte parfois à une certaine hostilité des riverains.

Il n'a pas encore de listes d'attente, mais il est possible que les demandes d'inscription augmentent avec le Brexit, Francfort remplacant Londres comme première place de la finance en Europe.

Or, l'occupation des salles se fait parfois sous tensions (beaucoup de salles ne peuvent pas accueillir plus de 25 ou 26 élèves)

A propos des projets immobiliers, Eve Folke fait remarquer que l'enveloppe de la masse salariale des recrutés locaux augmente particulièrement les dernières années:(+ 300 000 € environ). Cela crée une inquiétude quant aux coûts des projets immobiliers : 500 000 € devraient être dépensés par an, soit la totalité de la capacité d'autofinancement du lycée. On serait donc à la limite des capacités de financement et l'immobilier pourrait interférer sur la progression des rémunérations de recrutés locaux.

Selon le proviseur, des remplacements, une augmentation des effectifs (4 équivalents temps plein supplémentaires), l'augmentation de l'âge moyen et de la valeur du point d'indice peuvent expliquer la progression de cette enveloppe. Le lycée peut en cas de besoin utiliser son fonds de réserve qui est de l'ordre du million d'euros actuellement. La question sera suivie de près.