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Compte rendu de visite syndicale à Fribourg en Brisgau le 26 11 2018

 

Le 26 novembre 2018, le coordonnateur du Snes Allemagne s'est rendu au lycée franco-allemand de Fribourg.

Une Heure Mensuelle d'Information Syndicale a été déposée pour l'occasion par le secrétaire de section Marc Anquetil (Snes-FSU). La rencontre était fixée de 12 heures 15 à 13 heures et une dizaine de collègues étaient présents.

A la demande des collègues a été évoquée la pertinence du suivi de mouvements de grève généraux à la fonction publique dans le cadre d'un détachement à l'AEFE.

Le coordonnateur en a profité pour rappeler que rallier un mot d'ordre de grève général à la fonction publique n'est pas contre-productif : c'est justement au coordonnateur d'estimer si le mouvement sera suffisamment suivi en Allemagne et d'inviter les collègues grévistes à se réunir dans chaque établissement pour adresser à l'AEFE la liste de leurs revendications spécifiques.

L'AEFE, tout comme les postes diplomatiques, est attentive aux résultats de chaque mouvement de grève et à ses raisons. L'an passé, la très forte mobilisation contre les menaces de non renouvellements de contrat de résidents, y compris dans les établissements habituellement peu mobilisés, a fait reculer l'AEFE sur cette mesure inique. Pour autant, les menaces persistent, se désolidariser des futurs recrutés semble une mauvaise tactique, les dernières années montrant une tendance générale à la dégradation des statuts des enseignants en contrat avec l'AEFE : les collègues de Fribourg sont bien placés pour le savoir, l'établissement n'employait il y a 20 ans quasiment que des expatriés ...

Les enseignants de Fribourg ont peu suivi le mot d'ordre du 12 novembre, c'est regrettable. Le lancement de deux mots d'ordre quasi simultanément (pour le 9 octobre et pour le 12 novembre), résultant de stratégies de syndicats qui n'ont pas joué la carte de l'unité était éventuellement contre-productif, le SNES retiendra par établissement celle des deux journées qui aura connu la plus grande mobilisation.

Le coordonnateur souligne cependant qu'à Berlin par exemple, la mobilisation a été forte lors des deux dates. Argumenter que la mobilité forcée des résidents devrait permettre une plus grande mobilité des enseignants en France est une plaisanterie : 5 000 postes environ de détachés renouvelés au mieux à terme tous les 6 ans (donc en moyenne 800 postes vacants par an environ) pour 800 000 enseignants en France ne risque pas d'accroître de manière phénoménale les opportunités d'emploi à l'étranger des enseignants ... Et ce d'autant moins avec un nombre de postes de détachés qui se réduit. Il s'agit en fait pour l'AEFE de pouvoir plus facilement redéployer les postes d'un endroit à l'autre en se libérant de la contrainte résultant (essentiellement) de la vie familiale des enseignants résidents.

Comme modalité d'action en complément de la grève a été évoqué le boycott des projets lancés par l'AEFE, ce qui peut être difficile dans le cadre d'une double administration. On a cité en exemple la mal nommée journée de la solidarité (qui est en fait une journée dédiée aux ONG œuvrant dans l'humanitaire et la défense des droits de l'homme) - quelle conception le gouvernement actuel ou l'AEFE ont de la solidarité en introduisant pour la fonction publique une journée de carence sur les congés de maladie par exemple, pour replacer le terme "solidarité" dans un contexte plus approprié ?

Enfin, les enseignants ont demandé d'aborder avec Madame la Proviseure la question de la réduction des IMP (Indemnités pour Mission Particulière) dans l'établissement.

 

A 13 heures était fixé un rendez-vous avec Madame la Proviseure auquel ont participé Marc Anquetil et le coordonnateur.

A été évoquée d'abord la réduction des IMP dans l'établissement (qui devrait passer de 80 à 15 environ, en vertu d'une refonte de la dotation à l'établissement voulue par l'AEFE).

Madame la Proviseure évoque des comparaisons de coût par élève entre Sarrebruck et Fribourg au détriment de Fribourg. Certaines tâches indemnisées par des IMP pourraient faire l'objet d'HSE lorsqu'ils s'agit de tâches ponctuelles. Toujours selon Madame la Proviseure, des dérives ont eu lieu les années passées par l'octroi d'IMP pour des tâches qui ne les réclamaient pas ou selon des modalités à actualiser. Madame la Proviseur réclame globalement plus de transparence et de cohérence. Elle annoncera ses intentions en la matière lors d'une réunion avec la section française prévue pour 15h30 et en a déjà fait part aux collègues concernés à titre individuel.

 

La mobilité des résidents voulue par le MEN pose le problème de la continuité pédagogique, surtout dans des établissements aussi particuliers que les LFA. Ce problème apparaît cependant moins crucial aux yeux de Madame la Proviseure si cela ne touche que les recrutements futurs.

L'administration allemande connaît par ailleurs des difficultés de recrutement, en particulier d'enseignants maîtrisant le français et capables d'enseigner des matières scientifiques ou les mathématiques.

L'évolution du nombre d'élèves est négative cette année (- 12), mais il est difficile de parler d'une tendance. Les élèves de l'administration française entrent dans l'établissement entre la 6ème et la seconde, ceux de l'administration allemande entre le CM2 et la seconde. La fusion des cours est progressive jusqu'en seconde. Le seul coût éventuel pour les parents d'externes est le transport scolaire, pour lequel existent des possibilités de prise en charge partielle par ailleurs. Un internat accueille par ailleurs une cinquantaine d'élèves.

Le coordonnateur évoque comme piste possible pour développer le nombre d'élèves l'inscription de suisses francophones de la région de Bâle, les élèves de Bâle inscrits pour le moment étant seulement ceux provenant de l'école primaire française locale du réseau AEFE.

Enfin, Madame la Proviseure pense que le franco allemand n'est pas une fin en soi : s'orienter vers le plurilinguisme semble tout naturel dans un établissement où de nombreux élèves ont par ailleurs une excellente maîtrise de l'anglais ou d'une autre langue.

Le rendez-vous se termine à 14 heures.

Le coordonnateur du Snes tient par ailleurs à remercier son prédécesseur et son épouse pour leur hébergement militant, comme il est d'usage de dire, et pour leur cuisine tout aussi militante et convaincante dimanche soir.