Réouverture des établissements français et franco allemands en Allemagne (niveau secondaire)

planification entre le 27 04 2020 et le 11 05 2020

 

Les établissements français d'Allemagne sont de statut différent : les établissements de Düsseldorf et Hambourg sont à gestion parentale, Francfort et Munich sont des établissement à gestion directe de l'AEFE, de même que le Französisches Gymnasium de Berlin et les deux LFA (Lycées Franco allemands) de Fribourg et Sarrebruck. Ces trois derniers établissements sont dirigés par une double direction (française et allemande) selon une division des tâches variable. Ce sont des établissements publics allemands, on peut dire que dans ces trois établissements, ce sont surtout les administrations allemandes qui ont eu la main sur les modalités de réouverture (sous réserve d'accord de l'Ambassade) alors que dans les établissements de Düsseldorf, Hambourg, Francfort et Munich, la direction de l'établissement n'avait à se référer qu'à l'Ambassade - sous couvert de respecter les règles propres à chaque Land bien sûr.

 

Les collègues représentants du SNES des différents établissements ont bien voulu répondre à un questionnaire que je leur ai envoyé qui me permet de tirer la synthèse de leur réponse qui suit.

 

A Berlin, la concertation entre les deux administrations (internes au lycée et au niveau hiérarchique supérieur - Sénat de Berlin et Ambassade) est toujours compliquée : le lycée ne dispose pour l'heure toujours pas d'un "Hygiene Plan" document normalement requis pour sa réouverture et il n'a donc pas pu être soumis à l'approbation de l'Ambassade, malgré des velléités de la direction allemande d'organiser des cours dès le 4 mai (annonce du jeudi 30 avril au soir) qui ont finalement été reportés à plus tard (annonce du 2 mai). Par ailleurs, des mesures sanitaires présentées à une réunion des coordonnateurs de matière et leurs homologues allemands (Fachleiter) le mercredi 28 avril font encore l'objet de discussions, la situation est donc encore floue pour des premiers cours prévus le 11 mai. Il apparaît que la concertation entre administrations allemande et française n'est jamais facile, dans la mesure où le Hygiene Plan de Fribourg n'a été communiqué aux enseignants que le 2 mai à 21 heures pour une reprise le 4 mai.

 

Il faut aussi noter que les priorités entre la France et l'Allemagne ne sont pas les mêmes : en Allemagne, la priorité est de permettre aux élèves des derniers niveaux du secondaire de passer leurs examens (Abitur qui suppose des épreuves finales en terminale et de contrôle continu en première et terminale / MSA Mittlere Schulabschluß en classe de seconde) et de faire en sorte que tous les élèves aient remis les pieds dans leur école une fois ou deux avant les vacances scolaires (peu importe selon quelle modalité en fait). Dans cette optique, des épreuves finales et de contrôle continu ont déjà eu lieu notamment dans les établissements berlinois depuis le 27 avril (dont le Französisches Gymnasium) dans des conditions sanitaires drastiques facilitées par le nombre réduit de participants. En France, la priorité est le retour à l'école des plus petits et la dispense d'examen final pour les plus âgés (DNB, Baccalauréat hormis l'oral de français) a été actée.

 

Ceci provoque une différence de traitement au niveau des LFA (Lycées Franco allemands) entre l'établissement situé en France (à Buc) et ceux d'Allemagne (Fribourg et Sarrebruck).

En effet, les élèves de France sont dispensés d'examen dans le LFA de Buc alors qu'ils devront passer des épreuves en Allemagne. Cette différence est plus ou moins bien perçue selon les différents membres des communautés scolaires et pourrait poser problème, même s'il semble normal que le droit allemand et les décisions des Länder de Sarre et Bade-Wurtemberg doivent s'appliquer aux LFA d'Allemagne.

 

Par ailleurs, il semble que d'une manière générale, les différents Länder ont décidé de ne communiquer leurs décisions que d'une semaine sur l'autre - cela a été en tout cas clairement annoncé à Berlin, de manière à pouvoir faire face à une évolution de la situation sanitaire encore bien difficile à prévoir. C'est une autre logique que celle de la déclaration du président français du 13 avril qui, déjà, annonçait une réouverture progressive des écoles à compter du 11 mai.

 

Les établissements de Düsseldorf, Hambourg, Francfort et Munich ont organisé une Commission d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail ainsi qu'un conseil d'établissement car ils disposent de telles instances. Les CE ont voté majoritairement pour une reprise des cours le 4 ou le 11 mai selon le cas.

 

L'absence d'instance française et/ou de consultation des instances à Berlin rend la mise en place de cette reprise et l'adhésion des enseignants difficile. On espère, comme à Fribourg, au moins l'organisation d'une Schulkonferenz (SK) - à peu près l'équivalent allemand d'un conseil d'établissement (à Sarrebruck a eu lieu une réunion de service).

 

Les mesures d'hygiènes apparaissent trop disparates d'un établissement à un autre, en particulier en ce qui concerne le port de masque : obligatoire partout à Munich et Hambourg, nulle part à Berlin au Französisches Gymnasium ou Fribourg (alors qu'il y a eu des cas de personnes infectées dans ce dernier établissement). De même, le degré de préparation et d'anticipation des problèmes est manifestement variable d'un établissement à l'autre (les établissements de Hambourg et Munich semblent de ce point de vue être les plus à même de reprendre). Certains établissements sont encore dans un grand flou en termes de modalités concrètes à appliquer pour cette reprise des cours (Francfort et Berlin notamment).

 

L'absence de prise en compte des personnels ayant des enfants en bas âge à charge ainsi que des difficultés à combiner enseignement à distance et en présentiel est inquiétante.

 

Bilan au 4 mai

 

Sébastien Illiano, secrétaire du Snes en Allemagne