le mot de rentrée du SNES Allemagne

 

Berlin, le 1er septembre 2020,

 

Chers collègues d'Allemagne

 

Dans ce contexte tendu - situation sanitaire, réforme de l'examen du Baccalauréat dans des modalités qui, loin de le simplifier, en rendent l'organisation particulièrement complexe, j'espère que vous aurez pu vous détendre pendant les vacances d'été et que vous abordez cette nouvelle année scolaire dans une sérénité relative.

 

Le confinement - plus ou moins strict selon les Länder - l'enseignement à distance, la réouverture des établissements dans des conditions de sécurité sanitaire difficiles à évaluer ont été autant d'expériences pénibles pour l'ensemble d'entre nous. En ce qui concerne la réouverture des établissements en mai/juin, le bilan que l'on pouvait tirer des mesures prises par les écoles françaises d'Allemagne après que j'ai consulté vos représentants aura été leur extrême variabilité, à l'image de la décentralisation du pays. Certaines directions d'établissement ont su aussi mieux préparer cette reprise que d'autres.

Nous vous enverrons dans les prochains jours un lien vers un questionnaire en ligne pour tirer un bilan de la période de fermeture des établissements, afin de savoir ce que nous devrions mettre en place en amont dans l'hypothèse d'une nouvelle période de fermeture d'un ou plusieurs établissements ou classes au cours de cette année scolaire. En effet, à défaut d'avoir été loués par les médias - voire même parfois par les parents des élèves de nos établissements - nous savons bien nous mêmes les efforts que nous avons déployés pour poursuivre notre activité pédagogique dans des conditions tout à fait improvisées et bricolées. Si nous pouvons nous réjouir de ne pas avoir eu de collègues ou d'élèves gravement malades en raison de la pandémie ces derniers mois, rien ne nous autorise à penser que nous ne serons pas de nouveau confrontés à des fermetures totales ou partielles d'écoles. Il convient donc d'être préparé et de porter aux directions des établissements nos revendications pour préparer au mieux cette éventualité.

 

Cette année scolaire devrait être l'occasion de négocier avec l'AEFE les différentes composantes des rémunérations des professeurs détachés sous contrat de résident. Prévues à compter de la fin de l'année scolaire dernière, ces négociations ont été reportées en raison de la pandémie. Elles prévoient de discuter de l'évolution de l'avantage familial pour les professeurs résidents et de l'ISVL (Indemnité Spécifique de Vie Locale) notamment. Ces négociations promettent d'être compliquées : dans des contextes d'enveloppes budgétaires plus ou moins rigides, il sera difficile d'aboutir à des solutions qui améliorent la situation de l'intégralité des collègues. En particulier, l'idée de remplacer l'avantage familial par une gratuité des établissements pose question en Allemagne puisque la scolarité est déjà gratuite dans certains établissements (Lycées Franco-Allemands et Franzoesisches Gymnasium de Berlin) et qu'il arrive pour toutes sortes de raisons légitimes que les collègues inscrivent leurs enfants dans d'autres établissements que celui dans lequel ils travaillent. La question se pose aussi de ce qui serait alors versé aux parents d'enfants en bas-âge qui ne sont pas encore scolarisés et d'enfants qui poursuivent leurs études au delà du baccalauréat. Au delà, comme dans d'autres pays d'Europe, la question du non versement de l'avantage familial aux conjoint(e)s de fonctionnaires allemand(e)s n'est toujours pas réglée alors qu'elle l'a été très rapidement pour les conjoint(e)s de  fonctionnaires européen(ne)s : comme les fonctionnaires allemand(e)s touchent un supplément familial de traitement auquel ils/elles ne peuvent pas renoncer, ceci exclue leur conjoint(e) du versement auquel ils/elles auraient normalement droit tel qu'est rédigé le décret sur l'avantage familial, alors que le supplément familial de traitement des fonctionnaires allemand(e)s est largement inférieur à l'AF.

Par ailleurs, l'AEFE souhaiterait définir l'ISVL relativement à " l'attractivité " des pays, critère qui semble difficile à mesurer et il nous semble que le coût de la vie localement (et en particulier les loyers, qui peuvent être très volatils) devrait être l'élément prépondérant pour déterminer les montants de l'ISVL. Nous vous informerons au plus près du déroulement de ces négociations.

 

Concernant les personnels de droit local (PDL), nous programmerons prochainement un groupe de travail avec l'Ambassade de France afin de revenir sur la limitation de la reprise d'ancienneté à 5 ans lors de l'emploi de nouveaux collègues. Cette règle, mise en place unilatéralement par le coordonnateur de l'AEFE pour l'Europe Centrale il y a quelques années malgré notre opposition, n'est du reste plus respectée par tous les établissements, en raison des entraves évidentes qu'elle pose à un recrutement de qualité. Nous avons par ailleurs découvert cet été que les procédures de recrutement propres aux CCPL n'avaient pas été respectées dans deux établissements, des négociations longues et pénibles avec le service culturel de l'Ambassade et en particulier le chef d'établissement de Munich ont abouti à des solutions plus ou moins satisfaisantes et ceci fera l'objet d'un article ultérieur.

 

Votre engagement contre la réforme des retraites a été massif, a t-il été vain ? les décrets d'application de cette réforme n'étant pas encore publiés, nous devrons attendre pour en tirer un bilan. L'ISVL devrait être par exemple incluse dans les primes donnant lieu à l'octroi de points de retraite, mais, comme les autres indemnités des Affaires Étrangères, elle devrait être soumise à un plafond qui n'est pas encore défini ... Nous devons en tout cas rester mobilisés et prêts à défendre nos statuts et conditions de travail pour nous et pour les générations futures, car la tendance de fond n'est pas à la solidarité et à la redistribution ...

Je ferai en sorte de vous rendre visite dans vos établissements autant que la situation sanitaire le permettra dans le courant de l'année scolaire et vous dis donc à bientôt !

 

 

Sébastien Illiano Secrétaire du SNES Allemagne