La plus étrange des créatures

(Nazim Hikmet 1947)

Comme le scorpion, mon frère,
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
Tu es comme le moineau,
Dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille.
Tu es terrifiant, mon frère,
Comme la bouche d’un volcan éteint.
Et tu n’es pas, hélas,
Tu n’es pas cinq,
Tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère,
Quand le bourreau habillé de ta peau
Quand l’équarisseur lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier.
Tu es la plus étrange des créatures, en somme,
Plus drôle que le poisson
Qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s’il y a tant de misère sur terre
C’est grâce à toi, mon frère,
Si nous sommes affamés, épuisés,
Si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
Pressés comme la grappe pour donner notre vin,
Irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute, non,
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère.

Nazim Hikmet (1901-1963)

 

 de l'AEFE

 

AEFE : lutte pour la survie de l’Établissement public 

Grèves le 25/01 à Berlin, le 30/01 à Freiburg et Hambourg

Le 6/02 pour les autres établissements d'Allemagne


 Depuis plusieurs années, le SNES et les syndicats de la FSU dénoncent une dotation de l’État nettement insuffisante, au regard des charges qui pèsent sur l’Agence et bloquent toute marge réelle de revalorisation, notamment pour les personnels de droit local. La privatisation larvée, en route depuis quelques années et que nous avons toujours dénoncée, risque aujourd’hui d’exploser. Non content de ne pas augmenter un budget 2018 pour le réseau pourtant en croissance permanente, le gouvernement a appliqué en juillet une annulation de crédit, à hauteur de 33 millions d’euros, portant sur le budget 2017 en cours. L’Agence, si elle a précisé qu’elle n’aurait pas recours à une ponction sur les fonds de réserve des établissements en gestion directe, a néanmoins élaboré un plan d’économies, dont on peut retenir 3 points forts pour le réseau :

 fermetures de postes : Au total, 512 postes sur 3 années seront supprimés, un dixième des postes de détachés enseignants, et ce alors que la FSU demande depuis des années des ouvertures, ne serait-ce que pour régler les situations des titulaires non résidents.
 la participation financière complémentaire (assise sur les frais de scolarité) pour les EGD et conventionnés passe de 6 à 9 % en 2018 puis 7,5 % en 2019 ( retour à 6% visé en 2020). A charge des familles, principalement.
 aucune subvention ne sera donnée aux établissements en 2019, sauf sur la sécurité et les protocoles pluriannuels d’investissement.

Il s'agit d'un coup inédit porté à l'établissement public. D'autres modèles existent et nous en connaissons tous les travers, nous n'en voulons pas, ils sont dévastateurs pour les droits des personnels, pour les conditions d'exercice et pour l’Éducation!
Il n'y a pas d'alternative, une mobilisation massive, à la hauteur des enjeux, doit avoir lieu dans l'ensemble du réseau.

Malgré la très forte mobilisation des personnels depuis le 27 novembre 2017 (voir ici pour avoir un aperçu des actions menées dans l’ensemble du réseau) , malgré les vives réactions des associations de parents d’élèves, l’AEFE, sous l’impulsion de la majorité gouvernementale, poursuit sans broncher la mise en oeuvre des mesures de restrictions budgétaires d’une ampleur inédite.

Après avoir supprimé 180 supports de détachés lors du précédent Comité technique, l’Agence a annoncé une vague de « redéploiement de postes » synonyme de suppressions supplémentaires pour les établissements d’Europe. 

 Ces nouvelles suppressions viennent s’ajouter à celles déjà actées en novembre, empêchant toute possibilité de « résidentialisation » pour les nombreux collègues titulaires en disponibilité en attente d’une possibilité de détachement.

Ces fermetures auront également des conséquences financières importantes alors que les budgets des établissements ont été amplement fragilisés.

Le SNES Allemagne appelle à amplifier la mobilisation sous toutes les formes, mais surtout en faisant grève.

Nous demandons l’arrêt immédiat des plans de suppression de postes de détachés ainsi que des garanties sur le renouvellement des contrats pour la rentrée 2019 contrairement aux annonces faites par le Directeur de l’Agence lors du dernier Comité technique.

Pour la  défense de l’opérateur public AEFE, du statut de ses personnels détachés, d’un modèle de cofinancement public-privé équilibré

tous en grève!


Plus d'articles...

  1. grève 21.03.13